Ectropion et entropion

Quelle est cette maladie ?

Les troubles de la statique palpébrale se traduisent par une malposition de la paupière, en particulier du bord libre qui comporte les cils.

Dans l’entropion, ce bord libre se retourne vers l’oeil et les cils peuvent venir frotter la cornée.

Dans l’ectropion c’est le phénomène inverse : le bord de la paupière s’éverse vers l’extérieur et perd contact avec le globe oculaire.Il s’ensuit une kératinisation, c’est-à-dire un assèchement de la face oculaire de la paupière avec rougeur. Le globe oculaire est mal protégé et la cornée peut s’ulcérer. L’éversion peut toucher le point lacrymal en dedans et de ce fait entraîner un larmoiement.

A ces deux anomalies peuvent s’associer des anomalies de position des cils avec un trichiasis, les cils étant orientés vers le globe oculaire, ou des cils surnuméraires.

Ces troubles de la statique palpébrale peuvent être permanents ou spasmodiques, ne survenant que par moment. La fermeture et l’ouverture des paupières de façon forcée majore le plus souvent le trouble de la statique palpébrale.

La seule solution pour améliorer cela est chirurgicale.

Comment se passe l’opération ?

Technique

Dans les deux cas, l’intervention chirurgicale qui vous est proposée a pour but d’essayer de remettre en position normale le bord libre de la paupière, au contact du globe oculaire, avec un point lacrymal en position normale, capable d’évacuer les larmes.

Le plus souvent, cette intervention comporte une résection de tissu cutané et du muscle de la paupière incriminée qui est le muscle orbiculaire.

Dans certains cas, elle nécessite la résection d’un morceau de paupière sur toute son épaisseur.

En cas d’ectropion isolé du point lacrymal, on pourra essayer de le repositionner en ne retirant qu’une partie de la conjonctive et du tarse sous-jacent qui se trouve sur la face interne de la paupière.

Les techniques chirurgicales sont multiples et variées. La technique qui vous est proposée sera décidée en fonction de l’importance du trouble de la statique palpébrale, de son caractère permanent ou non, de la position des cils, de la laxité de votre paupière.
Hospitalisation

L’intervention peut être réalisée en ambulatoire ou en hospitalisation.

Anesthésie

Cette intervention peut se faire sous anesthésie générale ou le plus souvent sous anesthésie locale, éventuellement potentialisée par l’anesthésiste.

Évolution post-opératoire

Les suites opératoires sont, en général, simples.

Des collyres vous seront prescrits et les fils seront enlevés entre le 5ème et le 8ème jour.

Cette chirurgie a généralement un bon pronostic et permet la correction du trouble de la paupière.

Néanmoins, en cas de sous ou de surcorrection, un deuxième geste chirurgical sera nécessaire.

Enfin, il est possible que la qualité du résultat s’altère.

Complications

Comme dans toute chirurgie touchant la paupière, la survenue d’une ecchymose au niveau de la zone opératoire est fréquente. Le plus souvent, elle disparaîtra en une semaine.

Les risques encourus sont principalement celui d’un frottement de fil sur la cornée entraînant une ulcération de cornée qui peut être très douloureuse et qui guérira à l’ablation des fils et nécessitera un traitement cicatrisant et antibiotique afin d’éviter une surinfection.

Une deuxième complication est la possibilité, lorsque l’on a dû réséquer un morceau de la paupière, d’un lâchage de suture avec réouverture de la cicatrice.

Dans le cas très particulier d’ectropion lié à une cicatrice (le plus souvent par séquelle de brûlure ou d’accident), on pourra être amené à réaliser une greffe cutanée. Le siège de prélèvement de cette greffe sera soit derrière l’oreille, soit à la face interne du bras, soit au niveau du cou.

Il y aura donc une cicatrice au niveau de la zone de prélèvement avec là aussi risque éventuel de réouverture de cette cicatrice. En cas d’utilisation d’une greffe cutanée, le résultat dépend de la bonne prise de cette greffe. Pour cela, on réalise le plus souvent un pansement compressif sur une greffe pendant 8 jours.