La Presbytie

La presbytie est l’altération de l’accommodation de l’oeil, à partir de 45 ans environ. La lecture des textes et petits caractères devient alors progressivement floue et vous avez tendance à allonger les bras pour lire votre journal. La presbytie est le résultat du processus normal du vieillissement du cristallin, il n’a plus la capacité de réaliser la mise au point pour voir de près.

L’accommodation décline jusqu’à 55 ans où elle devient pratiquement inexistante.

Il est important de comprendre que la presbytie est complètement indépendante des autres défauts de la vision. Elle s’ajoute avec l’âge.

La correction non-chirurgicale de la presbytie

La correction de la presbytie se corrige par des verres convexes si elle est isolée ou par des verres progressifs, si elle est associée à un autre trouble de la vision.

Le même effet peut être obtenu par le laser, en remodelant la cornée. Le choix d’une technique de traitement chirurgical de la presbytie dépend des éventuels troubles visuels associés à cette presbytie.

En général, chez les sujets myopes, la presbytie sera traitée par sous correction de la myopie sur l’oeil dominé et par une correction totale de la myopie sur l’oeil dominant. Cette technique dite de la bascule ou monovision, est trés bien supportée par les sujets myopes/presbytes.

La presbytie chez l’hémétrope ou l’hypermétrope faible se corrige en faisant une bascule ou en multifocalité (technique dite du "presbylasik" où chaque oeil est corrigé en vision de loin et vision de près, le choix entre la bascule et la multifocalité dépend du chirurgien).

Les techniques chirurgicales permettent aujourd’hui de corriger l’ensemble des défauts visuels avec les implants multi-focaux, conseillé pour les forts hypermétropes et surtout chez les sujets de plus de 50ans.

Il faut faire un bilan avec l’ophtalmologiste afin de déterminer exactement ce que l’on recherche. En fonction de l’âge et de certains autres paramètres, il peut proposer telle ou telle solution.

Bilan pré-opératoire :

  • Interrogatoire précis pour connaître le besoin exact du patient tant pour sa vie professionnelle que privée.
  • Topographie antérieure conventionnelle de la cornée (disque de Placido).
  • Analyse du segment antérieur gâce au Pentacam à haute définition, permettant une deuxième topographie antérieure, une topographie postérieure de la cornée, une analyse de l’angle irido-cornéen, una analyse abbérométrique de la cornée, visualisation du cristallin et analyse de sa densité.
  • Réfraction subjective.
  • Examen à la lampe à fente.
  • Fond d’oeil, voire rétinographie numérique.
  • OCT maculaire en fonction de l’âge.
  • Calcul de l’impant intra-oculaire multifical idéal IOL MASTER de ZEIss.

A la fin du bilan, un dossier est remis au patient comprenant :

  • Une documentation sur les implants multifocaux.
  • Un devis global de l’intervention : clinique, implants, honoraires du chirurgien et de l’anesthésiste.

La correction de la presbytie par mise en place d’un implant intra-oculaire

La presbytie peut être associée ou non à un autre défaut visuel antérieur. Lors de l’intervention, on cherche à corriger à la fois la vision de loin et de près. Il s’agit de remplacer les verres progressifs.

Qu’est-ce qu’un implant intraoculaire ?

L’implant est une lentille destinée à être placée à l’intérieur de l’œil afin de focaliser les rayons lumineux sur la rétine et donner une vison nette. Dans ce cas, l’implant sera multifocal pour permettre la vision de loin et de près.

Cette chirurgie est dite réversible puisqu’il est possible de retirer la lentille en cas de besoin.

Traditionnellement, les implants multi-focaux étaient bi-focaux avec une focale pour la vision de loin (à partir de 5m) et une focale pour la vision de près (environ 30/40 cm).

Ces implants, dans certains cas pouvaient connaître une petite insuffisance en vision intermédiaire, notamment pour l’utilisation de l’ordinateur (80 cm).

Des implants mult-focaux, dits tri-focaux sont apparus plus récemment.

Les implants bi et tri-focaux donnent généralement grande satisfaction, d’autant que les implants bi-focaux eux-même ont connu une amélioration en permettant de moduler leur addition en vision de près.

En réalité, l’indication sera faite en fonction de chaque cas particulier, en sachant que la neuro-adaptation reste un facteur personnel principal, notamment pour la vision intermédiaire.

Quelles sont les suites opératoires ?
La vision s’améliore rapidement et on récupère généralement en quelques jours, sans douleur.

Un traitement sous forme de collyre est à suivre pendant quelques jours et une surveillance annuelle est nécessaire. Cette intervention permet de retrouver une vision précise sans lunettes.

Dans certains cas, le port d’une petite correction peut être conseillé pour certaines activités. De plus, l’oeil opéré n’est pas plus sensible ou plus fragile, et toute autre intervention est possible après la pause d’un implant.

Le remboursement : prise en charge
La Sécurité Sociale rembourse, en France, toutes les interventions de cataracte. Elle ne demande pas la preuve de l’opacification du cristallin. C’est l’ophtalmologiste qui fait l’indication et déclenche la procédure de remboursement :

  • Les patients porteurs de cataracte sont remboursés des frais de salle d’opération, des honoraires du chirurgien et de l’anesthésiste, de l’équivalent d’un implant mono-focal.
  • Les patients porteurs de cataracte entre 55 et 70 ans peuvent bénéficier d’un implant multi-focal, ils devront régler la différence de prix entre un implant multi-focal et un implant mono-focal.
  • Les patients, désireux de corriger leur presbytie et qui n’ont pas d’altération du cristallin, n’ont pas droit au remboursement de leur intervention par la Sécurité Sociale.